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Interview de Patrice Martin (2e partie)

Patrice Martin

Une carrière de plus de 20 ans durant laquelle Patrice Martin, alias le "Petit Prince", a trusté les titres européens et mondiaux. Sportif français le plus titré et star emblématique du ski nautique, il a été à 12 reprises champion du monde, et a remporté 36 titres européens. En 2001, il décide de tout arrêter. A 37 ans, Patrice Martin a tout gagné. Tout, sauf les Jeux Olympiques. Et pour cause : la discipline n'y a jamais été programmée. Dans une discipline restée malgré tout confidentielle, Patrice Martin a aussi eu le mérite d'attirer les médias, avec ses records de précocité (champion du monde à 15 ans !) puis longévité (champion d'Europe à 37 ans). Pour Sport Avenir, il revient sur son parcours, son expérience et son actualité.

 

1- Vous êtes le sportif français qui a le plus beau palmarès. Tous les titres que vous avez remporté ont-ils la même saveur et valeur ? Y en a-t-il un qui vous a plus marqué que les autres ?

Forcément, je ne peux pas dire qu’ils ont tous la même saveur et la même valeur. Sur l’ensemble de ma carrière, s’il y en a un qui doit être retenu, c’est celui de Champion du Monde en 1979. C’est le premier, la consécration. Mais il m’est difficile de parler de celui là sans parler du dernier en 1999. C’est 20 ans après et je l’emporte dans des conditions physiques difficiles ainsi qu’avec des conditions d’adversité et de psychologie différentes. Pour mon premier il y a la fraîcheur, l’assurance et la facilité à gagner puisque le deuxième était loin derrière. Le dernier titre se joue à pas grand-chose. Tout se fait sur ma tactique, sur ma gestion de l’épreuve. Mais je ne peux pas oublier non plus les titres de 1985 en France lors du championnat du monde et celui de 1995, je gagne à nouveau en France. Et pourtant, trois semaines avant la compétition, je m’étais fait une double luxation du coude ainsi que trois opérations. A huit jours de la compétition je ne savais même pas si j’allais participer. Quand je deviens champion du monde ce jour là c’est une renaissance. Je ne pensais pas que j’allais gagner. En fait, j’ai anéanti mes adversaires moralement. C’est plus par mon cran que j’ai fait perdre mes adversaires. Bien évidemment vous le comprenez, sur chaque titre il y a quelque chose à raconter. Le mieux c’est sans doute le premier car ce sont les premières sensations que l’on éprouve, les autres ne font que se rajouter…


2- Vous avez décidé en 2001, à 37 ans, de mettre fin à votre carrière. J’imagine que cela a dû être une décision difficile de s’arrêter après plus de 30 ans d’activité. Qu’est-ce qui a motivé cet arrêt ?

C’est l’ensemble de la carrière qui fait qu’à un moment donné, on se dit qu’il est temps de s’arrêter. Je me suis rendu compte que mes adversaires se rapprochaient, que je n’avais plus 20 ans ! Quand on se blesse, c’est plus lourd et long à se remettre. J’étais donc de moins en moins sûr de remporter une compétition. Auparavant, j’avais de l’avance, là, vers la fin, il ne m’en restait que très peu. Je ne voulais pas attendre la défaite de l’adversaire pour l’emporter. Ce n’est pas ma conception du sport…


3- Comment s’est passé l’après compétition ? Avez-vous été sollicité par des organismes ? Avez-vous eu des propositions ?

J’ai eu quelques sollicitations sur certaines missions. Mais il n’y avait rien de bien précis ou alors il s’agissait d’activités que je m’étais toujours refusé de faire donc je les ai refusées. Je souhaitais rester dans un domaine lié au sport. Aujourd’hui j’exerce un métier qui me plaît, je suis chargé des aides aux sportifs de haut niveau à la Région des Pays de la Loire. C’est une suite logique, une continuité…


4- Expliquez-nous concrètement en quoi consiste votre nouveau métier ?

On a mis en place un panel d’aides et de suivis aux sportifs dès leur insertion en liste Espoir donc pas encore le haut niveau. Ils peuvent être aidés, entre autre, financièrement au niveau de leurs coûts de déplacements entre leurs sites d’entraînements, leur site d’études et leur domicile. On essaie d’être un réel soutien pour ces futurs sportifs de haut niveau. Les différents types d'aides permettent, s’ils le veulent, de les accompagner jusqu’à une intégration professionnelle et donc préparer leur reconversion future. J’interviens en tant que sportif ce qui permet d’instaurer un dialogue qui passe beaucoup plus clairement que s’il s’agissait d’une personne extérieure au monde du sport. J’essaie de leur montrer l’importance d’une telle démarche pour leur avenir.


5- J’ai appris qu’en 2004 vous vous étiez lancé en politique aux cantonales. Serait-ce une nouvelle carrière ?

Non, c’est une suite d’ordre logique. J’étais proche de certains hommes politiques du fait de ma notoriété sportive. Etant souvent invité par des politiques de tous horizons, je me suis fait une idée sur l’engagement public plus que politique. Il y a plein de choses à mettre en avant. Ma campagne était dirigée sur les valeurs éthiques et sociales du sport. Tout le monde peut réussir quelque chose dans le sport, ce n’est pas utopique mais il faut être réaliste. On peut ramener les valeurs du sport à la vie de tous les jours. Je me suis présenté sans appartenance à un parti politique sous l'étiquette Divers Droite avec ce discours et j’ai réussi à augmenter les scores des candidats précédents malgré la tendance. J’ai donc réussi le challenge que je m’étais lancé et je me suis donné pleinement dans cet engagement. J’ai essayé d’être le plus honnête possible. Je me suis rendu compte par contre que même si en sport il y a des coups bas, ça n’a rien à voir avec ceux de la politique…


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