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Interview Muriel Hermine

Muriel Hermine

Après une remarquable carrière en natation sychronisée et un palmarès impressionnant (12 titres de championne de France, 4 de championne d’Europe, médaille de bronze en solo aux championnats du Monde de Madrid (1986), septième aux Jeux olympiques de Los Angeles (1984) et quatrième à ceux de Séoul), Muriel Hermine crée et met en scène son premier opéra gospel « Freedom », qui prône la tolérance et la non-violence. Retour sur la fabuleuse histoire d’une sirène devenue auteur…

 

1- Sport-avenir : Pourquoi avez-vous choisi de faire de la natation, une personne de votre entourage vous en a donné envie … ?

Muriel Hermine : C’est un sport que j’adorais. A 8 ans, mes parents m’ont inscrit à un club de natation sportive et cela correspondait bien à ce que j’aimais puisque j’adorais l’eau. J’ai découvert la natation synchronisée à l’âge de 12 ans, à l’époque où mon rêve était d’être danseuse à l’opéra. J’ai pu alors pratiqué un sport qui conciliait mes deux passions : l’eau et la danse.


2- S.A : Pouvez-vous nous parler un peu plus de votre expérience dans la danse ?

M.H : J’ai fait beaucoup de danse, et je l’ai même pratiqué de plus en plus, car pour atteindre un niveau national et international, des bases de danse sont indispensables pour monter sur un podium.


3- S.A : Quand êtes-vous entrée en équipe de France ?

M.H : Je suis entrée en équipe de France à l’âge de 14 ans, chez les juniors. J’ai quitté la compétition à l’âge de 26 ans.


4- S.A : La natation a occupé une place très importante dans votre adolescence, vous a-t-elle laissé un peu de temps pour vos études ?

M.H : Pas vraiment. J’ai arrêté mes études en seconde, parce que j’étais dans un lycée à Tours où le proviseur ne voulait pas que je quitte les cours. Il a appelé mes parents en leur disant qu’il fallait choisir entre changer d’établissement ou rester et suivre une scolarité normale. Mes parents m’ont alors demandé ce que je voulais faire, j’étais alors en équipe de France et je préparais les championnats du monde, il était hors de question que j’arrête. J’ai donc arrêté mes études, ou du moins le cycle normal. Mes parents m’ont inscrit dans un cycle privé où j’ai appris des notions de gestion, comptabilité, marketing, ce qui m’a bien aidé après pour monter ma société. A l’époque, c’était pour moi un échec scolaire.


5- S.A : Quel était votre objectif pour votre première compétition en tant que membre de l’équipe de France ?

M.H : Donner le meilleur de moi-même, et pas de gagner une médaille. Je me souviens de la première compétition que j’ai faite : c’était en Angleterre, à Londres, j’avais 14 ans. Je venais de Tours ma ville natale, à la fédération, à Paris, on m’avait donné un sac dans lequel il y avait toute la panoplie de l’équipe de France (survêtement, maillot, bonnet, etc.). Rien que cela, c’est une récompense extraordinaire. Quand on s’entraîne à 14 ans, plusieurs heures par jour, et que l’on me donne tout cela, j’avais l’impression de toucher à un rêve. Lors de cette compétition à Londres, la France a été assez moyennement placée. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que ma passion c’était vraiment le sport. Tout d’un coup, c’est devenu plus important dans ma vie. Finalement, j’ai réussi à progresser parce que, à chaque fois, je me donnais des objectifs un peu difficile à atteindre, mais que je savais possibles quand même. Je ne me suis pas dit : « je vais être championne du monde », mais « si je pouvais monter sur le podium des championnats de France… », et un jour, je suis arrivée première. Puis je me suis dit « et si je montais sur un podium européen… », et je me suis retrouvée troisième aux Championnats d’Europe. Par la suite, j’ai progressé et puis je suis devenue championne d’Europe. Ensuite, j’ai visé le podium mondial. Finalement, je crois que c’est comme cela que l’on avance dans la vie : pas après pas, en se donnant des objectifs que l’on peut atteindre, mais qui sont néanmoins difficiles et qui demandent un vrai travail.


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